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Bénisti: Notices biographiques

Par Hamid Nacer-Khodja
Algérie Littérature Action N° 67 - 68

1903 : De parents établis en Algérie depuis plusieurs générations, Louis Bénisti est né le 15 mai à El- Biar, alors beau quartier périphérique d’Alger. Cette venue au monde est suivie d’une succession de deuils : son frère aîné Georges meurt en 1904 à l’âge de 4 ans, son père avocat de profession.

En 1908, sa grand mère maternelle en 1909 et son grand père en 1910. Il fut élevé par sa mère Blanche qui, en plus de ses propres enfants, dut s’occuper de ses jeunes frères et soeurs et qui fut appelée, par toute la famille et par ses amis, de l’expression familière : “ Tata Blanche ”.

1906 : Naissance d’un frère, Lucien, futur pharmacien (il s’essaiera aussi à la littérature).

1909 : Après la mort du père, la famille déménage au quartier populaire de Bab-El-Oued. Louis découvre la mer, mais perd la petite enfance ensoleillée si proche d’une nature campagnarde adulée.

1914-1920 : Études moyennes au lycée Bugeaud (Émir Abdelkader, aujourd’hui), avec un goût prononcé pour le dessin et une attirance pour l’art. Il échoue au baccalauréat.

1920 : Sur conseil de son tuteur, il part à Paris apprendre le métier d’artisan-joaillier tout en suivant des études de peinture dans différentes institutions de la capitale.

1920-1928 : Il ouvre à Alger un atelier de bijouterie.

1928-1931 : Abandonnant le métier de joaillier, il étudie la peinture à l’institution algéroise “ Académie Art ” d’Alfredo Figueras, un peintre espagnol dont la forte personnalité exerça une sensible influence sur toute une pléiade d’artistes. Il y rencontre et fréquente Jean de Maisonseul avec qui il se lie d’une amitié jamais démentie.

1930-1934 : Sur présentation de Jean de Maisonseul, il fait la connaissance successive des futurs écrivains Max-Pol Fouchet, Albert Camus et René-Jean Clot ainsi que les architectes débutants Pierre-André Émery et Louis Miquel. Ils deviennent les uns et les autres des amis fidèles autour d’un Camus déjà chef d’une première “ bande ”.

1931 : Parallèlement à la peinture, il entame la sculpture, particulièrement la réalisation de bustes de ses amis, en bronze, plâtre et terre cuite. La technique est d’une plasticité classique.

1933 : Première exposition de sculpture à la galerie Paul Dano à Alger et premier article sur son oeuvre naissante signé par Albert Camus.

1934-1935 : Il est boursier à la Casa Vélasquez à Madrid.

1935-1938 : Il expose de nouveau à Alger, dans différentes galeries dont celle de la soupente de la petite librairie “ Les Vraies Richesses ” d’Edmond Charlot (qui l’accueille souvent) et à Paris au Salon d’Automme qui l’a admis dès 1933. Il participe avec Louis Miquel et Pierre-André Émery aux travaux de scénographie du “ Théâtre du Travail ” puis du “ Théâtre de l’Équipe ” d’Albert Camus. Il y réalise notamment des costumes et des masques.

1938-1941 : De nouveau à Paris, il se consacre derechef à la sculpture.

1942 : De retour à Alger, il s’y établit définitivement. Il se marie le 30 mars avec Solange Sarfati, future médecin. Solange est la soeur de Mireille Bénisti, qui était la première épouse du frère de Louis, Lucien, pharmacien et aussi écrivain à ses heures (Plaine chaude, Alger, Charlot, 1944). Louis et Solange eurent un fils, Jean-Pierre, qui naîtra le 11 janvier 1943 et deviendra aussi médecin. Délaissant la sculpture pour des raisons financières, Louis se consacre désormais à la peinture en présentant avec fécondité des tableaux inspirés par une Algérie des travaux et des jours, aussi sensible et discrète que lui. Par ses motifs et une couleur maîtrisée qui nimbe ou irradie, cette oeuvre solaire le rattache à l’École d’Alger encore en pleine maturité.

1972-1947 : Maître auxiliaire depuis 1945, il enseigne le dessin dans les collèges et lycées d’Alger et de ses environs, notamment au lycée de Maison-Carrée (El-Harrach, aujourd’hui) où il aura comme collègues le futur écrivain Roger Laporte et l’islamologue Mohamed Arkoun. Il poursuit une production picturale d’un “ réalisme poétique ” identifiable en fonction de ses pérégrinations dans l’espace du dedans algérois ou les territoires du dehors parisien ou provençal lors de ses vacances en France.

Figuratif n’ayant jamais cédé à l’art abstrait alors à l’apogée et vers lequel vont se tourner beaucoup de peintres d’Algérie, le style demeure celui d’une École d’Alger dépouillée de tout artifice. Il appartiendra avec Sauveur Galliéro, Jean Sénac et Himoud Brahimi à la “ génération du môle ”, selon l’expression de Jean de Maisonseul. Il expose régulièrement à Alger de 1947 à 1950, et notamment à la galerie Comte-Tinchant dirigée par Edmond Charlot.

1957 : Décès de sa mère le 17 septembre.

1961 : À la mort de Camus le 4 janvier 1960, et en accord avec sa femme Francine et leurs amis communs (Jean de Maisonseul, Louis Miquel), Bénisti réalise à Tipasa une stèle commémorant le Prix Nobel de Littérature 1957 à partir d’une pierre du site archéologique. L’inscription porte cette directive
typiquement camusienne. “ Je comprends ici ce que j’appelle gloire : le droit d’aimer sans mesure ” (Noces). Inaugurée le 29 avril 1961, cette stèle subsiste encore dans les remous du temps et de l’Histoire.

1964 : En mai, il participe à l’exposition des peintres algériens au Musée des Arts Décoratifs de Paris organisée par l’Association France-Algérie.

1970 : Première rétrospective de son oeuvre au Centre Culturel Français d’Alger dirigé alors par René Gachet.

1976-1972 : À sa retraite en juillet 1972, il quitte l’Algérie et s’établit à Aix-en-Provence. Il continue à dessiner et à peindre des rues, des scènes et des paysages en réminiscence avec sa terre natale. Il aborde aussi le thème de l’enfance et de l’adolescence puis celui de la danse, ballets de fillettes, de couleurs et de lignes très épurées. Il expose du 12 au 28 avril 1976 à “ La Galerie ”, rue Saint-André-des-Arts à Paris.

1979-1983 : Il réalise de nouveau des sculptures.

1984 : En novembre, commençant à perdre partiellement la vue, il achève la rédaction d’un récit d’enfance Au soleil sans chapeau (inédit) et entame ses souvenirs sur Albert Camus.

1988 : À partir de croquis retrouvés dans ses carnets et notamment ses croquis exécutés à la Casbah dans les années 1945-1950, il entreprend une nouvelle oeuvre peinte en utilisant des techniques diverses, notamment la détrempe.

1990 : Du 18 au 31 août, grande exposition de ses oeuvres récentes au Palais des Congrès à Évian. La préface du catalogue est signée par Jean de Maisonseul. Le 17 octobre, décès de son épouse Solange.

1993 : Du 28 septembre au 31 octobre, dernière exposition individuelle à la galerie “ Espace interrogation ” à Toulon.

1994 : En juillet-août, il participe à l’exposition collective “ Les peintres amis d’Albert Camus ” organisée par les Rencontres méditerranéennes Albert Camus à Lourmarin.

1995 : Le 1er mai, mort de Louis Bénisti à Évian, ville de séjour régulier devenue dans son coeur celle de la réconciliation algéro-française pour laquelle il a voué un authentique culte au niveau de la relation individuelle.

1998 : Du 30 au 12 juillet, les Rencontres méditerranéennes Albert Camus de Lourmarin exposent ses dernières peintures de la période 1988-1995.

2000 : En avril–mai, “ La petite galerie ”, rue de Seine à Paris, expose ses dessins, détrempes et études de la période 1974-1992, sous le thème “Enfance et danse”.

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ISSN : 1270-9131