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La colline oubliée, un film de Abderrahmane Bouguermouh, d’après le roman de Mouloud Mammeri. Sortie en salle : mars 97

La colline oubliée de Abderrahmane BouguermouhAlgérie Littérature Action N° 7 - 8

Quel que soit le point de la course où le terme m’atteindra, je partirai avec la certitude chevillée que, quels que soient les obstacles que l’histoire lui apportera, c’est dans le sens de sa libération que mon peuple (et à travers lui les autres) ira. L’ignorance, les préjugés, l’inculture peuvent un instant entraver ce libre mouvement, mais il est sûr que le jour inévitablement viendra où l’on distinguera la vérité de ses faux-semblants. Tout le reste est littérature.” Mouloud Mammeri

"Des scénarios sur la Kabylie, il y en a eu beaucoup. J’ai choisi La colline oubliée parce qu’entre l’auteur, Mouloud Mammeri, et moi il y avait un serment: si l’honneur nous revenait un jour de faire le premier film en berbère ce serait La Colline oubliée. C’est sa première oeuvre romanesque et pour le naïf bouquiniste que j’étais alors, mon monde à moi pénétrait enfin dans ce premier roman kabyle, après avoir avalé bien des classiques de la littérature universelle où je nous cherchais en vain. Il y a aussi ce contrat passé avec la Kabylie : œuvrer pour la renaissance de sa culture. La Colline oubliée est aussi un beau roman qui décrit les années terribles de la deuxième guerre mondiale. Le malheur était partout et quelques éclats ont brûlé ma toute jeune mémoire. Il est tout à fait normal qu’un premier film remonte à ces premiers souvenirs, ceux qui vous laissent des stigmates pour la vie."  Abderrahmane Bouguermouh

L’idée de réaliser ce film remonte en fait à 1957, date à laquelle le réalisateur et l’auteur se rencontrent. Un premier scénario est déposé auprès du Ministère de la Culture algérien. Une fin de non-recevoir est signifiée à cause du choix de la langue prévue dans le film : le kabyle. Une nouvelle tentative est faite en 1970 à l’étranger, mais le manque de moyens financiers reporte une fois de plus le projet.

A la fin de 1988 le projet refait surface. Profitant des prémices d’ouverture et de changements, un autre scénario est déposé auprès des services concernés. C’est grâce à la complicité du réalisateur, Abderrahmane Bouguermouh, alors fonctionnaire au CAAIC (Centre du cinéma algérien), et d’autres collègues kabyles au Ministère de la Culture, que l’autorisation est finalement obtenue. L’apport du CAAIC consiste à la mise à disposition du matériel de tournage et de l’équipe technique. Pour compenser le manque financier, un comité de soutien est constitué et composé de personnalités du monde de la culture et des arts, autour duquel s’articule une remarquable mobilisation de la population de Kabylie et des administrations locales gagnées au projet. Toutes ces considérations auxquelles s’ajoutent les problèmes liés à la sécurité expliquent le retard que le film a pris. Le tournage s’est étalé sur deux années.

Dans un village des montagnes kabyles, au début des années 40, une petite société traditionnelle tente de vivre, des jeunes gens de s’aimer, d’imaginer l’avenir, le leur, celui de leur terre, celui de l’Algérie, malgré le typhus, malgré l’armée française, qui entraîne les hommes en âge de se battre dans un conflit qui les concerne si peu. Leur courage, leur mort souvent ne leur vaudra aucune reconnaissance. La Colline oubliée est la chronique douce-amère des cataclysmes du monde et de l’injustice coloniale sur les hauteurs du Djurdjura, loin de tout espoir.


Abderrahmane Bouguermouh est né le 25 février 1936 à Ouzellaguen. Il fait ses études secondaires à Sétif puis, en 1957, rencontre Mouloud Mammeri. C'est le début d’une longue amitié. En 1965, il tourne Comme une âme, sur un texte de Malek Haddad, un moyen métrage en berbère censuré par le ministère.

 

De 1965 à 1968, il réalise une série de documentaires de commande. En 1967, il réalise La Grive, plusieurs fois primé. En 1968, déjà, il dépose le scénario de La Colline oubliée auprès des organismes étatiques; le projet est rejeté sans explication. Il collabore au film de Mohamed Lakhdar Hamina, Chronique des années de braise en 1973. Cinq ans plus tard, il réalise pour la télévision Les Oiseaux de l’été puis, en 1980, le populaire et beau Kahla ou beïda. Enfin, en 1987, fort du succès de son téléfilm, il réa-ise Cri de pierre, plusieurs fois primé.

C’est en 1989 qu’on accorde à Bouguermouh l’autorisation de tourner en berbère La Colline oubliée.

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ISSN : 1270-9131