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Noureddine Aba

Algérie Littérature Action N° 45

Dans son numéro 2, Algérie Littérature/Action présentait un dossier sur le théâtre algérien au sein duquel l’oeuvre de Noureddine Aba trouvait sa juste place. Depuis lors Noureddine Aba est mort et l’on a pu voir au Théâtre Essaïon de Paris, du 24 septembre au 3 novembre, sa pièce intitulée L’exécution au Beffroi. Deux raisons pour rendre hommage à l’humaniste et à l’écrivain qu’il était. Nous tenterons, dans le prochain numéro d’Algérie Littérature/Action, d’analyser quelques aspects de son oeuvre théâtrale. Voici en attendant une présentation relativement complète (rédigée peu avant sa mort) de l’homme et de l’oeuvre, et quelques propos sur L’exécution au Beffroi, introduits par cette remarquable profession de foi de Noureddine Aba, qui dit dans toute sa force ce qu’était son engagement :

Pourquoi cette pièce sur Vichy et la Milice? Parce qu’il faut tout de même dire cette vérité : être Arabe, être homme ne signifient rien si le malheur d’un Juif persécuté me laisse indifférent.

Le principal personnage de L’exécution au Beffroi est une jeune femme juive, Diane Jaboune, dont les parents ont disparu pendant la guerre alors qu’elle-même se trouvait à Londres. De retour à Paris, elle cherche à retrouver leur trace, en faisant paraître une annonce dans la presse. Un vieil infirme sordide lui promet des informations et la fait venir à l’Hôtel du Beffroi où deux miliciens, les frères Ranidès, ont torturé et spolié des juifs fortunés pendant la guerre. Elle rencontre successivement chacun des deux frères, étonnants personnages plus ou moins psychopathes, auxquels elle s’affronte dramatiquement. Il apparaît finalement que le vieil infirme qui les a dénoncés était leur complice, tortionnaire comme eux, voire assassin. Elle va ainsi jusqu’au bout d’une série de révélations atroces, par des rebonds successifs aussi bouleversants qu’inattendus. C’est une plongée dans un passé dont on sait à quel point il hante les mémoires — d’autant plus impossible à oublier ou occulter que d’autres drames depuis lors sont venus le réactiver.

Noureddine Aba est né en 1921 à Sétif (Algérie) où il fait ses études secondaires. Après une année de droit à la faculté d’Alger, il est mobilisé de 1943 à 1945 : campagne d’Italie, de France. Rendu à la vie civile, il devient journaliste, suit le procès des criminels de guerre nazis à Nuremberg. Il collabore ensuite, dès sa création, à la célèbre revue Présence Africaine, tribune des grands chantres de la négritude. Peu à peu, il s’oriente vers le métier d’écrivain et entreprend une oeuvre en faveur de l’homme écrasé. Au fil des années, il publie de nombreux ouvrages : récits, poésies, pièces de théâtre, contes pour enfants.

En 1979, il obtient le Prix de l’Afrique méditerranéenne pour Gazelle après minuit (Éditions de Minuit) et Le chant perdu au pays retrouvé (Éditions Le Cerf). En 1981, le Prix de l’Amitié francoarabe lui est attribué pour Tel el Zaâtar s’est tû à la tombée du soir (Éditions L’Harmattan). En 1982, le diplôme du meilleur livre de loisirs pour les jeunes récompense Les Quatre ânes et l’écureuil (Éditions Hachette). En 1985, la Fondation de France lui décerne le Prix Charles Oulmont pour l’ensemble de son oeuvre.

Plusieurs de ses pièces ont été diffusées à l’ORTF : Le Gain d’une défaite (1951), Zyriab l’enchanteur (1953). D’autres sont jouées au théâtre à Paris : Montjoie Palestine (1971), La Récréation des clowns (1982), Le Dernier jour d’un nazi (1986). A titre expérimental, une autre de ses pièces A l’aube et sans couronne a été représentée et interprétée par des détenus au Centre de détention de Caen (1990).

Parallèlement à ses activités d’écrivain, Noureddine Aba effectue régulièrement depuis 1982 des tournées de conférences dans les universités européennes, américaines et canadiennes. Il a aussi enseigné la littérature algérienne à l’université d’Urbana-Champaign (Illinois). En 1990, il crée à Alger la première fondation privée et laïque. Cette fondation qui porte son nom décerne des prix annuels à des écrivains algériens d’expression arabe ou de langue française fidèles à leur identité, mais tolérants et fraternels au monde.

Enfin, Nourredine Aba était membre de l’Académie des sciences d’Outre-mer, Officier de l’Ordre des Arts et lettres, titulaire de la grande médaille de l’Académie française (1991). Il obtint le Prix de la Francophonie de la société des auteurs et compositeurs dramatiques (1992). La même année, il est nommé par le Président de la République, François Mitterand, membre du Haut conseil de la Francophonie. Il était titulaire du Certificat d’Honneur du Centre International d’Études Francophones (1994) et membre de l’Académie universelle des cultures, présidée par Elie Wiesel (juin 1995).

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ISSN : 1270-9131