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Hommage à Frantz Fanon

Frantz Fanonpar Christiane Chaulet Achour
Algérie Littérature Action N° 47 - 48

An XXV de… l’Indépendance

Vingt-six ans après sa mort, enfin un hommage officiel algérien à Frantz Fanon! Un important Colloque International, organisé en décembre 1987 par l’Office Riadh el Feth à Alger. Les Actes n’en seront hélas jamais publiés. Mais il en reste une mémoire vive, et ces quelques notes en forme de chronique…

L’idée a été lancée en juin 87, semble-t-il, par Farid Mammeri. Elle commence à faire son chemin à l’OREF pendant l’été. Ainsi, un certain nombre de personnes sont contactées sur la base d’informations données par Josie Fanon ou sur celle des congrès qui ont déjà eu lieu : le Mémorial de Fort-de-France en 82 et le Colloque de Brazzaville en 84. En septembre-octobre, l’OREF réunit un collectif de préparation composé des personnes suivantes : M’hamed Yazid, Redha Malek, Omar Oussedik, le commandant Azzedine, Pierre et Claudine Chaulet, ceux qui l’ont connu ou qui ont milité avec lui ou celui qui, comme Mostefa Lacheraf, représente une autre pensée militante de la révolution algérienne; Josie et Olivier Fanon; et moi-même pour l’aspect recherche universitaire actuelle. De l’OREF, le Colonel Snoussi, messieurs Rabhi et Mammeri. D’autres personnes se joindront ensuite à ce collectif dont Salah Louanchi et, pour Révolution Africaine, Bachir Rezzoug.

Les réunions de préparation ont lieu tous les samedis pendant deux mois jusqu’à la dernière semaine, celle qui précède le colloque. Elles permettent de préciser le profil des journées, la liste des invités et les communications retenues. Une dominante : celle de Fanon, militant algérien; d’emblée l’aspect uniquement “universitaire” a été mis de côté. Au cours des discussions trois constantes se dégagent autour desquelles seront regroupées les prises de parole :

- Fanon, militant algérien

- Lectures et lecteurs de Fanon

- Retentissement international.

Toutes les personnes touchées n’ont pas pu venir. Pour citer des absences notables : celles du Professeur André Mandouze, de Breyten Breytenbach (qui enverra un message), de représentants de l’ANC (Anne Dissez, représentante française du comité anti-apartheid fera une courte intervention pour évoquer la lutte en Afrique du Sud), des représentants des Américains noirs (le Pr. Walters et Naaman Kessous évoqueront respectivement, dans leurs communications, la place de Fanon aux USA), des représentants palestiniens et moyen-orientaux (mais, grâce au récital des étudiants dont il sera question plus loin, Marcel Khelifa, présent, viendra chanter, sans accompagnement, un chant en hommage à Fanon, le deuxième soir).

Malgré ces absences regrettées, nous avons eu une rencontre internationale variée, hétérogène même, pleine de surprises et d’émotions, très organisée et désorganisée en même temps, finalement, tout à fait “algérienne”!…

Avec des moments très forts et d’autres fortement ennuyeux, des prises de parole généreuses et d’autres nombrilistes ou mesquines : toujours, presque toujours, une grande dose de subjectivité. Comment pouvait-il en être autrement puisque nous nous intéressions à un homme, un militant, une œuvre, passionnés et passionnants!

Une ouverture solennelle

Séance inaugurale solennelle et émouvante dans la grande salle de 500 places de Riad el Feth. Le Colonel Snoussi a ouvert les travaux par une allocution brève, ferme et personnelle, se terminant par un vœu de réussite à cette rencontre sur “la terre de Fanon”. Salah Louanchi ouvre le colloque en rappelant qu’il fut de ceux qui (avec Pierre Chaulet et Mohamed Drareni) prirent officiellement contact avec Fanon, en août 1955, chez lui. Cette séance inaugurale se clôt par la lecture d’un premier montage de textes, “Fanon vous parle”, textes choisis et lus par des enseignants des départements de français et d’allemand de l’université d’Alger (Simone Rezzoug, Mohamed-Lakhdar Maougal, Aïcha Kassoul, Zineb Ali Benali, Dalila Morsly, Zohra Siagh, Abderrahmane Hassissi et moi-même). Le moins qu’on puisse dire est que la parole de Fanon n’est pas écoutée dans l’indifférence!

L’ensemble des participants se rend ensuite à la salle Nadi el Ouns pour assister à l’inauguration da sa nouvelle appellation, “Cercle Frantz Fanon”. Dans la salle, une exposition de photos et de livres ainsi qu’une exposition de dessins d’élèves du lycée Frantz Fanon. Tout cela, même si l’on se défend des rituels, constituant des moments émouvants.

C’est le jeudi après midi que commence le colloque proprement dit. La séance est présidée par Claudine Chaulet et comprend les communications des compagnons de lutte de Fanon : premier apport original par rapport aux rencontres de Fort-de-France et de Brazzaville. Charles Geronimi, très ému, ouvre le feu avec un texte passionnant, un peu trop vite dit. Redha Malek propose une analyse de l’idéologie du FLN en montrant combien Fanon y a adhéré, donnant sa mesure dans une implication et non dans une invention. Ah! si c’était vrai… Pierre Chaulet rappelle la pratique journalistique du Moudjahid à laquelle Fanon participa pendant deux années, avec beaucoup d’informations inédites pour de nombreux auditeurs. Omar Oussedik parvient à transmettre l’amitié pour l’homme et l’information sur son action comme représentant du FLN en Afrique. Le  ommandant Azzedine parle de l’homme d’action et de l’ami, passionné par la guerre de guérilla et les changements concrets au sein des individus engagés dans la lutte. Il souligne la capacité de Fanon à synthétiser, condenser, exprimer le vécu brut que lui donnaient ceux avec qui il échangeait. M’Hamed Yazid enfin parle assez longuement pour tenter de cerner une notion large de l’algérianité.

Après la pause, on entendra un certain nombre de témoignages : un infirmier de l’hôpital de Blida qui raconte des anecdotes vécues sur la pratique de Fanon, psychiatre. Il ne voudrait plus lâcher le micro pour pouvoir raconter ces trois années. Viennent ensuite un militant qui a connu Fanon lors de son passage à la frontière marocaine et Abderrahmane Aziz, le chanteur de Chaabi, qui, à la demande de Fanon, a travaillé l’expression musicale avec les malades de l’Hôpital Psychiatrique de Blida. Safia Bazi, enfin, évoque sa découverte de L’An V en prison : jeune détenue, elle y trouve exprimé tout ce qui l’a poussée à la lutte, les difficultés spécifiques des femmes. C’était un livre qui avait su exprimer son vécu.

Une journée houleuse

Vendredi 11 décembre 1987 : la séance est cette fois présidée par Maître Marcel Manville et moi-même. Une minute de silence est faite en mémoire du 11 décembre 1960.

Abdelkader Djeghloul ouvre la séance par une communication qui va partager l’assistance. Ceux qui étaient “contre” : reconnaissant une rhétorique réussie, élégante mais creuse; une cascade de jugements de valeur sur Fanon sans démonstration; une rhétorique sur la défensive fonctionnant à la restriction. Les “pour” sont bien représentés dans le papier qu’écrit Akerb pour Algérie Actualité le 17 décembre.

La seconde communication est celle de C. Mbom, universitaire camerounais qui a fait sa thèse sur Fanon et qui a choisi de parler de la dimension morale du discours fanonien. Puis Michel Giraud fait une brillante intervention sur “l’actualité de Frantz Fanon”. Benamar Médiène expose ce que Fanon a représenté par rapport à la gauche française dans le mouvement de libération. M.-L. Maougal présente les résultats d’une enquête faite auprès des étudiants, avec Aïcha Kassoul et Simone Rezzoug. Tahar Bekri  rappelle “Fanon en action” à travers les grèves des étudiants à Tunis en 1970. Pius Ngandu Nkashama analyse la difficulté de décerner le titre de penseur et de théoricien à un écrivain nègre dans l’histoire littéraire africaine. Faouzia Sari, enfin, qui a absolument voulu passer en séance plénière (alors que son intervention était prévue dans un atelier), se lance dans une charge contre Fanon en le comparant à Dib et en passant de la notion de “lecteur de Dib” (au sens de s’inspirant des oeuvres de Dib) à “sous-produit de Dib”.

L’impossibilité de dire véritablement l’Algérie venait de la méconnaissance de la référence islamique. C’est donc dans Dib que Fanon a puisé sa connaissance de l’Algérie; l’oratrice fait des parallèles de textes pas très probants compte tenu des dates. Il y a énormément de remous dans la salle.

Josie Fanon demande la parole… mais il est déjà 12 heures 40. Yazid insiste pour prendre la parole au nom du comité organisateur et, pour une fois, est concis et incisif. Son intervention n’a pas été appréciée par tous car certains participants estimaient que tout le monde avait à donner son point de vue.

Une matinée houleuse, inaugurée et clôturée par deux universitaires algériens qui ont plus ou moins “exécuté” Fanon! (par la suite, la revue Arabies — qui fera un compte-rendu succinct du colloque — accordera une grande place à la communication de F. Sari).

Le Vendredi après-midi était consacré aux ateliers, puisqu’il y avait trop d’intervenants pour que tout le monde passe en plénière.

De l’Atelier I, je ne peux que donner le nom des participants puisque je n’y étais pas. Il y avait Boucebci, Sydney Pelage, Alice Cherki, Houria Salhi.

L’Atelier II était intitulé “Analyse de textes”. Cela a fonctionné plus comme des plénières dédoublées que comme des ateliers. Naaman Kessous a présenté un travail intéressant sur les Black Panthers et Fanon, Denise Barrat un montage de textes sympathique; Gérard Clavreuil un appel d’un intellectuel français aux intellectuels algériens; Barthélémy Kotchy un texte général sur la pensée de Fanon; Losso Gazi a fait un parallèle très intéressant entre Lumumba et Fanon qui aurait plus été à sa place dans l’International. Dalila Morsly une étude précise du fonctionnement du discours. Comme souvent dans ce genre de rencontres, un atelier très disparate mais intéressant finalement.

Le débat s’est ouvert avec des questions aux intervenants du matin. Djeghloul était le plus interpellé et s’est un peu enfoncé en agressant Harana Paré (représentant du Burkina Fasso). Il nous invita, d’un ton amusé et complice à être d’accord avec lui que “Fanon, c’était de la pipi de chat!” Du coup, Abdelaziz Bouteflika, qui assistait à cet atelier, est intervenu pour ramener le débat à plus de sérénité en reconnaissant que Fanon n’est pas le seul militant révolutionnaire dans le monde mais en ajoutant : “Permettez nous de nous reconnaître dans celui qui a parlé de notre révolution”. Josie Fanon a transmis par écrit l’information suivante : “Fanon n’a jamais lu Dib” et F. Sari a tenté de se justifier.

Un bonheur intense

Heureusement, après cette journée pleine du meilleur et du pire, est venu le “sublime”… ! à 19 heures, dans la grande salle bondée, le récital des étudiants de français, “Fanon, creuset de rêves et de réveils”, récital que nous préparions avec eux depuis six semaines. (Heureusement, ils étaient en grève, ce qui nous permettait d’avoir beaucoup de temps!) J’avais le privilège d’être dans la salle à côté de Pius Ngandu Nkashama dont on avait intégré un texte sans le prévenir. J’ai donc profité du spectacle sans participer aux angoisses des coulisses. Mais angoissée, je l’étais et avant que cela ne commence, je ne pouvais plus parler! Et puis, très vite, dès les premiers textes, on a senti la salle accrocher, retenir ses applaudissements pour ne pas troubler les étudiants. Mais après le premier chant (la lettre à un ami français mise en musique et chantée en choeur), ça a été le déferlement. Les imperfections de diction, les trous de mémoire obligeant certains à lire, tout cela passait inaperçu dans le dynamisme de l’ensemble. Ils étaient beaux, présents, concentrés, convaincus. Vraiment, c’était formidable. Pius n’a reconnu son texte, qu’Amen Oumessad disait magnifiquement, qu’à “terre spoliée”… puis à “Tel je le vois défiguré”… il s’est effondré d’émotion.

Mais ensuite, l’enthousiasme l’a emporté pour tout le monde. Devant moi, Marcel Manville “faisait des bons et des bonds”… comme dirait Kateb dans Nedjma! : “Si j’étais riche, je les emmènerai tous en Martinique!” Je n’ai rencontré ensuite personne de tiède. Les “Historiques” et les “jeunes” faisant jonction. A mon sens, ce fut le moment le plus fort de cette rencontre… la force du texte de Fanon et de ceux de tous les autres écrivains que nous avions mis en commun. Boualem Oussedik a dit un poème qu’il avait écrit pendant la guerre, “Ceux qui ne sont pas revenus” au milieu des étudiants, toujours en scène. Il faut dire que si Mustapha Laribi ne nous avait pas donné ce qu’il avait de meilleur sur le plan technique, nous nous serions plantés.

La dernière répétition avait été une catastrophe avec une accentuation de tous les sons qu’on tentait de rectifier depuis six semaines, les “enfouis” pour “enfuis”, les o ouverts et j’en passe! Lamine paniquait sur son texte écrit, Bélaïd bégayait sur la deuxième partie de la lettre de démission. Les “automitrailleuses” du texte de Kateb tombaient molles comme des nouilles de la bouche de Khaled…

Suis-je complètement objective. Sans doute que non. Mais que ces souvenirs reviennent à d’autres!

Une séance internationale haute en couleurs et en émotion

Samedi 12 décembre. Que le réveil est difficile! Un atelier s’est ouvert à la salle Ibn Zeydoun (la grande salle) où Boudjedra a pris la parole sous la présidence de Benamar Médiène. Nous, nous allons au Cercle Frantz Fanon.

Mourad Yellès ouvre le bal en parlant de la parole poétique de Fanon, de son écriture. Puis Lebdaï montre combien le texte de Fanon est à l’intersection des voix littéraires du Tiers Monde. Pour ma part, je tente de montrer le texte fanonien précurseur ou accompagnateur de textes littéraires algériens; Zineb Ali Benali dans son “Fanon, rêveur d’avenir” montre la cohérence d’une pensée, de Peau noire, masques blancs aux Damnés de la terre. Très belle intervention finale de France-Lyne Fanon (une de ses nièces) qui mêle la saga familiale et ses connaissances de psychologue.

Le samedi après-midi : en plénière, “Le retentissement international de Fanon”. Marcel parle de Fanon et des Antillais et, avec son éloquence et son humour, il emporte la salle. Comme il dirait lui-même, “c’est du grand Manville!” Vient ensuite un autre avocat, le malien Diallo Demba, ami de Fanon et d’Omar Oussedik, qui va ménager ses effets tout au long de sa “harangue” : pistolet d’Amirouche qu’il brandit dans la salle, qu’un combattant malien aurait eu la présence d’esprit de récupérer au moment de la mort d’Amirouche. La salle est debout entre larmes et youyous. Puis il va brandir un drapeau algérien de la guerre. Et alors que tout le monde se demande ce qu’il va encore sortir de sa sacoche, la surprise vient de l’entrée de Paul Néoutyne, représentant du FNLKS, venu à la place de Jean-Marie Tjibaou, longuement ovationné. Sorte de géant, disant d’une voix douce : “Nous sommes contre la violence… mais… ”

Les orateurs suivants sont des Allemands qui exposent l’influence de Fanon en RFA, la bande à Bader et son échec. C’est ensuite au tour du poète guyanais, Elie Stephenson, qui dit un texte plein de retenue sur la dimension tiers-mondiste de Fanon. Un autre poète, bien connu des Algériens,

Sony Rupaire, dans “Fanon libérateur” rappelle l’importance de l’engagement de Fanon pour les étudiants guadeloupéens de l’époque. Ensuite, c’est la communication de Ronald Walters, Américain noir, puis celle de Harana Paré du Burkina Fasso.

Le Dimanche 13 décembre, dernière plénière, dernière matinée sous la présidence de Redha Malek. Les prises de parole sont variées et de longueur différente. Anne Dissez, à un cinéaste. C’est ensuite le tour du Martiniquais Victor Permal qui a du mal à finir son intervention tant il est bouleversé. Il brosse une analyse socio-politique de la situation de la Martinique actuelle, en faisant intervenir à bon escient les textes de Fanon. Babacar Fall parle de “l’influence de Fanon sur la jeunesse sénégalaise”. Ensuite Georges Labica rappelle ce qu’il a publié sur Fanon. Nouchine Yavari-d’Hélancourt évoque l’influence de Fanon sur la pensée de l’iranien Ali Shariati. Jean-Louis Hurst, dit Maurienne, parle, quant à lui, de “l’influence de Fanon sur la jeunesse occidentale”. Mais les espoirs ont été déçus.

La dernière intervention est celle de Josie Fanon : elle fait appel à tous ceux de sa génération, à ceux qui ont été acteurs de la guerre pour qu’ils écrivent.

L’après-midi et les jours suivants, des débats informels ont lieu, des visites : au lycée Frantz Fanon à Bab-el-Oued, à l’hôpital Frantz Fanon à Blida, des rencontres. Le dimanche soir, il y eut une soirée antillaise à Riad el Feth avec le groupe de Igo Drane, groupe martiniquais qui a déclenché une ambiance très festive.

On ne conclut pas des souvenirs, même lorsqu’ils ne sont que la retranscription de ce qui fut pris en notes le 17 décembre 1987! Mais le poème qu’Elie Stephenson écrivit pour les étudiants après le récital pourrait être une touche finale :

“Pour Amel Oumessaad et les autres…

La nuit obscurcit
Mes premiers lauriers

Je viens de loin
Et j’étais seul
Comme un récif battu de vagues

Je viens de loin
Avec au cœur
Une parcelle de soleil
Un bout de terre inassouvie

Je viens de loin
Et vous êtes là
Jeune flamme jeune passion,
Où réchauffer l’espoir transi
Et rougir les couteaux tremblants

J’étais seul
Et vous êtes là
Bourrasque ardente et solennelle
Pour briser les nouveaux remparts
Et mettre à neuf les craintes séniles
Qui paralysent notre assaut

Quand j’aurai quitté la patrie
Un peu trop vite un peu trop tard
Vous serez toujours dans mes fêtes
Secouant partout dans ma tête
Les arbres violents de l’amour.

Je viens de loin
Et j’étais seul
Comme un récif battu par les vagues
Je viens de loin
Et désormais
Vous êtes partout avec moi.”

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ISSN : 1270-9131