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Christiane Chaulet-Achour, Noûn. Algériennes dans l’écriture, essai. Atlantica, 1998.

Christiane Chaulet-Achour, Noûn. Algériennes dans l’écriture, essai. Atlantica, 1998.Par Mokhtar Mokhtefi
Algérie Littérature Action N° 26

C'est dans la vitrine d'une librairie parisienne que j'ai découvert Noûn. Intrigué par le titre et la suggestive calligraphie de la lettre alphabétique, c'est le sous-titre, Algériennes dans l'écriture, qui m'a décidé à l'acheter. Et, c'est parce que sa lecture, d'un seul trait, m'a passionné, que je veux en dire une partie du bien que j'en pense.

En moins de deux cent cinquante pages, l'ouvrage présente, d'une manière vivante, didactique et analytique, l'ensemble des écrivaines algériennes. Et ceci, sans être une suite ennuyeuse de biographies accompagnées de bibliographies.

L'auteur nous fait découvrir les sources, la genèse, les motivations profondes de ces voix féminines. Elle nous fait prendre conscience du chemin parcouru par ces femmes et de la dose énorme de courage qu'elles recèlent. Ces Algériennes qui refusent de se laisser réduire au silence et utilisent le droit élémentaire de chacun à la liberté d'expression, méritent notre considération, notre admiration.

Sans complaisance, Christiane Chaulet-Achour critique et défend les œuvres mineures comme les plus médiatisées, avec de solides arguments. Sans illusion sur la qualité littéraire de bon nombre de ces écrits, elle reste, cependant, optimiste. Ainsi, après avoir noté qu'en France, depuis 1994, "chaque maison d'édition a ‘sa’ femme algérienne ou la recherche", elle ajoute : "Même lorsque les écrits ne sont pas d'une nouveauté époustouflante (pour ne pas dire qu'ils sont parfois d'une pauvreté affligeante qui ne sert pas l'écriture féminine), les femmes sont devenues sujets d'écriture et préparent des chemins moins chaotiques pour leurs "filles". Le positif, c'est qu'il n'est plus possible de régresser sur ce fait éminent de la modernité : l'accès à l'écriture en création. En ayant à l'esprit qu'une conquête se sclérose si elle se contente du terrain conquis"

Cet optimisme et la positivité qui l'accompagne, jalonnent l'exposé des thématiques nouvelles, les angles de vue et les éclairages de cette littérature féminine qui paraît bouillonnante, "dans et malgré les brûlures de l'Histoire..."

La deuxième partie intitulée, "Au cœur des textes", évoque les récits et romans de femmes sur la résistance et la guerre de libération. L'auteur critique, au passage, les "romans sur la guerre écrits par des hommes." Elle cite deux exemples d'écrivains (Chabane Ouahioune et M. Bouchemla) qui sanctifient la combattante, l'un pour camoufler sa misogynie et l'autre jusqu'à en rendre son écrit insipide.

Elle tente, par ailleurs, de faire sortir de l'oubli ces œuvres pour leur atypisme par rapport au discours habituel, ou leur innovation. Cette partie se poursuit par une analyse très fine des textes de quatre écrivaines dont nous découvrons, grâce au talent de Christiane Chaulet-Achour, les personnalités.

Ainsi, à travers l'étude de chacun des quatre ouvrages, elle parvient à repérer le matériau autobiographique, à déceler ce que l'auteur veut nous dire et qui ne figure pas dans la fiction ou le récit, pour enfin tracer la ligne "mouvante entre création et témoignage". Dans son roman historique, L'Amour la fantasia, Assia Dejbar est située "entre libération et nostalgie du harem." Au théâtre, avec Princesses, Fatima Gallaire réalise "l'autoportrait souverain". Dans son récit Apprivoiser l'insolence, Leïla Rezzoug exprime "l'inconfort identitaire partagé." Et Malika Mokeddem, dans L'Interdite, personnifie "la rupture consommée".

Dans le chapitre intitulée : "Le corps des femmes. Arabesques et lignes brisées", l'auteur nous incite à découvrir le dialogue entre la peinture et la littérature et les différentes voies qu'il prend dans les œuvres d'Assia Djebar et Malika Mokeddem, en particulier. Dans la troisième partie, elle donne la parole à quatre écrivaines d'une même génération. Ses questions et leur conduite transforment ces entretiens en des autoportraits d'une très grande richesse.

Une question pour finir : qu'en est-il de la littérature féminine algérienne en arabe? Elle mérite, au moins, la même éc

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ISSN : 1270-9131