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La guêpe dedans, nouvelle de Mehana Amrani

Algérie Littérature Action N° 33 - 34

A peine s'était-il attablé dans ce café plutôt tranquille situé à l'extrémité ouest de la ville qu'un jeune serveur l'air moyennement gai se porta à sa hauteur lui demandant ce qu'il voulait prendre. La commande prise, le jeune serveur s'éclipsa comme il était venu, presque sur la pointe des pieds. Resté seul, l'homme confia son esprit à la méditation. Il avait l'air pensif et comme terriblement fatigué. Mais cette fatigue si morne se distinguait aussi par une impression indéfinissable. C'était une de ces fatigues qu'on ne pourrait raisonnablement décrire car elles ne résultent pas d'un effort physique accompli depuis peu; une nuit d'insomnie ne pouvait être davantage à l'origine d'une telle fatigue. En fait, cette fatigue se confondait avec l'avenant global du visage de l'homme et donnait ainsi l'étonnante impression qu'elle ne pouvait qu'être un élément essentiel, de cette face humaine mâtinée d'angoisse, au même titre que ce front bombé, ce nez un peu large, ces oreilles légèrement démesurées, ces yeux où dansaient une insondable tristesse.

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Las du Coeur, nouvelle de Farid Laroussi

Algérie Littérature Action N° 129 – 132

La première chose que je peux vous dire c’est que je ne suis pas mort. Pas encore. Je n’aurais qu’un pas à faire, une course peut-être, pour arriver à mes fins. L’amour, l’espoir, comment l’oublier? ne sont qu’un côté du kaléidoscope. Laissez-moi vous dire en deux mots.

La rue était bloquée. On ne passe pas, on contourne, on saute, on retombe comme on peut. Les femmes déboulaient de la corniche, en fauves brûlants. Les hommes immobiles parlaient, rapetissaient, en proie à la routine. Quoi encore? Ah oui, j’avais vingt-deux ans. Ça m’était tombé dessus comme la pisse d’un chien sur un tronc sec. Levé avant les autres, je prenais ma place de roi entre la baraque du coiffeur et la boulangerie. La honte nous faisait faire le dos rond. Les vieux baissaient le regard. Ils savaient qu’ils avaient perdu toutes les guerres. Moi, je visais les femmes. Mes poèmes étaient des galets qui couraient sur la vague avec l’espoir de défier la gravité le plus longtemps possible. Après on coule, mais les mots d’amour me redonnaient la force de rire, de croire aussi.

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Le revenant, nouvelle de Salima Saïki

Algérie Littérature Action N° 7 - 8

En ces années de violence, tous les jours que le bon dieu faisait, on voyait mourir des gens, jeunes, pour la plupart assassinés. C’est une fin de siècle tourmentée et sanglante. On n’avait pas séché des larmes versées sur un proche que déjà elles affluaient pour un autre, ravivant la douleur encore récente.

Dans un des plus vieux quartiers d’Alger, la Casbah, vivait avec sa famille, Hakim, un jeune homme très apprécié de ses voisins. Il finirait bientôt ses études universitaires. Il suivait une filière à la mode, le journalisme, qui le passionnait tant mais faisait sourire son entourage. Son père, particulièrement, lui répétait tous les jours que cela n’avait jamais nourri son homme et qu’il n’y avait pas mieux qu’apprendre à faire quelque chose de ses mains; lui-même était maçon de son état.

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Le voile et le youyou, nouvelle de Zineb Labidi

Algérie Littérature Action N° 6

“As salamou ‘alaykoum.”

Elle sursaute, tirée de sa rêverie. Elle regarde quelques instants autour d’elle avant de reprendre pied dans ce bus où elle était montée. Elle s’était assise près d’une fenêtre, heureuse de cette aubaine.

Elle avait terminé sa journée du dehors et n’avait qu’une pensée : rentrer à la maison. On était dans une de ces périodes où il ne faisait pas bon être dehors, dans la rue, surtout lorsqu’on est femme, sans hijab, et étudiante. Un seul but : rentrer. Elle n’avait regardé ni les vitrines ni les journaux aux devantures des buralistes. Pas pour aujourd’hui la flânerie! Pour un autre jour, la marche plus lente — à peine — qui permet de regarder vraiment la rue, d’en sentir les pulsations.

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Chansons, nouvelle de Habib Tengour

Une Algérie Littérature Action N° 2

Dans les chansons d'autrefois — Hasni possédait des piles de vieux enregistrements Pathé-Marconi, Dounia, Philips, La Voix de son Maître, etc., qu'il dénichait le dimanche aux puces de Montreuil — , on se désolait beaucoup et l'on pleurait systématiquement ceux qui émigraient en France. La traversée était considérée comme une aventure périlleuse, une rude épreuve, aussi mortelle que la liaison amoureuse. On n'attribuait au voyage aucune vertu édifiante; il n'avait pas ce pouvoir de métamorphoser avantageusement les traits du visage; ce n'était pas un remède miraculeux aux langueurs de l'âme. On le déconseillait vivement à tous les jeunes écervelés que tentait l'expérience. On décourageait constamment toute tentative de quitter le sol natal. Ce n'était que porte ouverte aux soucis, aux tracas, aux ennuis et aux déceptions pour qui l'entreprenait. Cela avait un nom aux connotations redoutables : l'exil. Le prononcer terrorisait et faisait mal. Il y avait des philtres spécialement préparés pour retenir au pays, ancre de miséricorde...

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ISSN : 1270-9131