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Le Premier jour de Aroudj, nouvelle de Aïssa Khelladi

Algérie Littérature Action N° 15

... Celui qui se donne au monde se refuse à soi-même, voilà ce que j’en déduis — ce que je déduis de ma compréhension de la vie et des êtres humains. Les gens peuvent qualifier Aroudj de “grand calme”, pourtant tout s’agite en lui sans qu’il sache maîtriser ses pensées. Mais il demeure calme, c’est vrai; son secret consiste à investir autrui de l’attention qu’il se prodigue ordinairement. Ce déplacement l’apaise.

Quand il s’abandonne à lui-même, ce qui ne veut rien dire convenons-en, il s’embrouille, il s’égare, alors il s’ensuit un processus mental qui le focalise sur le monde qui est hors de son être, un terrain connu où le simple fait de se retrouver le restaure et le consacre, voyez-vous. Ce n’est pas de la psychologie, c’est un constat, par lequel je veux expliquer ce qui m’est arrivé aujourd’hui.

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L’âne d’Aïn Tabia, nouvelle de François Marquis

Algérie Littérature Action N° 75 - 76

Nous étions autour de la table de la cuisine, et Marie-Judith voulait un cheval.

J’avais beau résister depuis des mois, elle revenait toujours à la charge, et ses frères la soutenaient avec empressement. “ Un âne, si tu veux ! ” lui ai-je dit, ce soir-là.

Et tous de s’engouffrer dans la brèche : “ Non ! pas un âne ! Un poney, aumoins… ”

Déjà, bien que l’idée me soit venue à l’improviste, sans autre intention que d’apprivoiser leur désir tenace, déjà, le souvenir d’un âne qui trébuche m’emportait à tire d’aile. S’ils avaient dit oui, s’ils m’avaient pris au piège, il était trop tard déjà pour que je cherche des faux-fuyants.

J’aurais trouvé un âne, et nous l’aurions soigné, malgré l’embarras — car imaginons-le braire dans notre village où on ne supporte pas le chant d’un coq. Depuis ce temps, on m’appelait au moindre baudet qui se montrait à la télévision, et je restais un instant, songeur. Cet âne est devenu le lieu d’une complicité, d’un renoncement, d’une faiblesse.

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Vous êtes belle, nouvelle de Leïla Sebbar

Algérie Littérature Action N° 3

Elle ne le voit pas. Il la regarde.

— Si elle descend, je descends. J’irai jusu’au bout de la ligne, la plus longue. Cette ligne n’est pas la mienne. Je dirai que j’ai été malade hier soir et que j’ai passé la journée couché. Je dirai que j’ai appelé le médecin. Le patron me croira. Je suis rarement absent et j’arrive à l’heure. Il me croira. Le wagon est presque vide. Personne pour m’empêcher de la voir. Il pourrait se déplacer pour se rapprocher d’elle. Il reste assis, raide, attentif. Il ne bouge pas, il craint de l’effaroucher. Il sait regarder les femmes. L’habitude. Dans la ville, il n’a jamais pensé qu’il pourrait habiter ailleurs, à cause d’elles, dans sa ville, depuis toutes les générations, comme s’il était né avec elle, la ville, dans la seule ville de l’univers entier où il vivra toute sa vie, sans jamais la quitter, il sait où trouver les femmes et comment les regarder sans les offenser.

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Le Naufrage, nouvelle de Salim Bachi

Algérie Littérature Action N° 3

Pour Amel

Cette garce avec son mioche, ses yeux bleus, comme la mer affreuse qui délivra ces cadavres, car ce sont des pieuvres, et il n’y en a pas une pour racheter les autres, non pas une; je les hais comme je hais ce foutu enfant de putain qui, parce qu’il m’a tendu la main, croit pouvoir exercer son emprise sur moi; je n’ai pas à prendre ce seau ni à écoper puisque je ne suis pas son esclave, l’esclave de personne d’ailleurs, qu’il le fasse lui, l’homme civilisé, avec ses boniments, sa morale ; moi je veux qu’il crève sous mes yeux comme les deux autres, et ce maudit rafiot qui ne tiendra jamais, qu’il sombre comme le rêve d’un avenir meilleur, d’un pays en paix; et il croit qu’il m’a sauvé parce qu’il s’imagine qu’il suffit de tirer quelqu’un de la flotte pour le sauver, tu parles mon vieux, ces enfants qui piaillaient comme chats-huants, cette engeance putride, personne ne les sauva, damnés enfants du bateau El Djazaïr, nom prédestiné comme tous les noms;

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Le divorce, nouvelle de Amine Touati

Algérie Littérature Action N° 3

A Mohamed et Yamina,
mes parents sous terre.

“Votre mère est morte, seul Dieu est éternel!”

C’est fini, quelqu’un vous l’annonce au téléphone. Il a la voix d’un enfant. La télévision est éteinte. Un jour d’octobre où il fait presque beau. Face à l’ecran vide, vous attendez la suite : que va-t-il se passer? En vous, quelqu’un d’autre naîtra-t-il? Un livre... empli de tumultes se referme pendant que, l’enveloppant, se répand tout autour un brouillard de silence, dense à étouffer même les petits bruits habituels. Vous êtes calme, remarque votre femme. C’est important.

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ISSN : 1270-9131