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Fatma, nouvelle de Abdelhamid Laghouati

Algérie Littérature Action N° 18 -19

C'était une âme en peine débarquant de l'exil comme on revient du temps où figures et passions se côtoyaient en vain.

La rage hantait Fatma. Rendez-vous compte! Ni Mari! Ni Amant! Pas même un soupir pour passer le temps, rien qu'un soleil avec son insolence obscure multipliant les allées et venues, le relent du superflu, l'ombre qui ne voulait plus suivre, usée à force de traîner sur la chaussée.

Fatma a été dépouillée d'espoir, les échos l'ont dévêtue de quelques nouvelles rassurantes. Avancer dans la rue! Dieu que c'est pénible! Avec tous ces printemps élimés, effeuillés avec des pas du tout, jonchés sur l'existence. Fatma marchait, soucieuse, sans ombre sans je t'aime, ni même salut. Elle était là, agglutinée aux brimades, aux barreaux de la médisance, ligotée d'illusions. Chaque soir, moment redouté, elle tissait de ses cris un abri de fortune et faisait une toiture à l'indifférence, à l'intempérie. Elle était tout simplement là offrant sa nuque au couperet de l'ennui.

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Éloge de la grand-mère

Par Abdallah Bakouche
Algérie Littérature Action N° 31 - 32

Tout avait commencé par un incident malencontreux, mystérieux, et au demeurant rocambolesque. Grand-mère aurait été victime d’une « noyade » au fond d’un puits, provoquée par quelque force occulte et maléfique!

Dans son entourage la nouvelle s’ébruita comme une traînée de poudre, laissant les uns incrédules, d’autres indifférents, d’autres encore compatissants. Certains promirent même quelque offrande au Wali du village, en guise de reconnaissance pour le salut de la naufragée.

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L’attente, nouvelle de Rosa Azouaou

Algérie Littérature Action N° 31 - 32

“Ce matin, le corps de Madame Aïcha Bey a eté retrouvé dans un terrain vague de la zone industrielle de Oued-Smar. La victime avait été kidnappée il y a trois jours à la sortre du Ministère de la Culture où elle s'occupait de recueillir, sauvegarder et promouvoir le patrimoine musical aurésien. La victime fut décapitée et… ”

Aîcha Bey a été tuée comme sa voisine, son collègue, sa cousine, ils sont tous du pays où l'on recoud des cous, où l'on réajuste des têtes sur des bustes où l'on taille des costards et des vies.

Comme tous ceux avant elle, elle s'en va rejoindre la salle d'attente, déjà bondée, du jugement avant-dernier. C'est le lieu où se rassemblent ceux qui ont un compte à régler avec le temps, la chance et le destin.

Elle ouvre la porte d'une grande pièce. Contre les quatre murs sont alignés des bancs en bois, et, au milieu de la salle, une vingtaine de rangées parallèles de chaises, toutes occupées.

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La rivière aux cochons, nouvelle de Farid Laroussi

Algérie Littérature Action N° 43

- Mesure combien effroyable est mon pouvoir, je prends la plus belle des indépendances et j 'y applique l'outrance des mes incompétences

- Et toi mesure combien vrais sont mes mensonges, je prends le plus beau livre du monde et j'en fais une prière de douleur.

C'est en revenant de l'oued halouf que nous l'avons vue. Un tracteur l’avait peut-être laissé tomber là par accident. Samir courut le premier vers elle. Elle était toute fraîche, bien ronde sous le soleil qui frappait encore dur à six heures du soir. Il nous restait huit kilomètres avant d'arriver à la maison. Je voulus partager le fruit avec mon frère, mais il proposa de le garder pour notre jeune soeur qui refusait de manger.

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L’indescriptible mêlée une nouvelle de Selma Setti

Algérie Littérature Action N° 22

L’attente a déjà duré une heure. Ou plus? Depuis combien de temps es-tu là, rêvassant, perdue dans les nues? Tu jettes un regard autour de toi, sur ces corps avachis de fatigue, qui se tassent sans grâce, ombres falotes adossées aux murs sales et couverts de graffitis, ou assises à même le sol. Quelques-uns s’étaient accroupis sur une pierre ou un bidon de Safia — il y avait toujours un objet de ce genre qui traînait aux arrêts de bus, à défaut
de bancs! — sachets ou couffins posés devant soi, les yeux dans le vague, regards éteints de zombies, les traits mous et ternes, corps couverts de poussière, comme cette cité et ton coeur en berne... Et, au moment où l’on s’y attendait le moins, se profile au loin une longue silhouette bleue de chenille. C’était le bus qui arrivait, cahin, caha. Il ahanait comme un vieil âne sur les flancs escarpés d’un mont, le moteur grinçant et crachotant comme des poumons encrassés de mineurs. La foule flasque jusque-là, se galvanise comme brûlée au fer chaud ou atteinte d’un courant électrique.

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ISSN : 1270-9131