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Extraits d'un recueil de textes de Leila Zhour

Par Leïla Zhour
Algérie Littérature Action N° 29 - 30

Il y a un loup sur mon visage
Satin et soie
Filé par des étoiles sans voile
Direction abolie dans l'absolu
Il y a un loup sur mon visage
Masque aux dents longues
Qui souffrent d'une cruauté défaite,
Ivoire sculpté
Impossible licorne
Et le mensonde de l'idéal.


Il y a un loup sur mon visage
Velours et mer
Un reste de Carnaval
Les fastes du rire
Paillettes d'un jeu où je prends part
En suivant la règle commune du sang

 

Il y a un loup sur mon visage
Ses dents sont dures
Sa langue râpeuse
Il a des grâces félines
Et il me ment
Et il mord
Il y a un loup tout près
Tout près de nous
Tombe le masque
L'apparat se dissout
Les étoiles sont des pattes sombres
Elles tissent d'obscures toiles

 


Où s'encrassent les destinées
Et la folie s'ébranle Sous les tissus de joie
Il y a un loup sur mon visage
Reflet d'eau sur la soie
D'inaccessibles larmes dessous
D'impossibles larmes dessus
Le temps heurté sur les bords en carton
Sur mon visage
Un loup, un masque sobre
Mais au-delà, un prédateur défait


Quel est mon genre ?
Genre féminin, ça c'est sûr.
Mon genre, c'est chercher.
Une quête en somme.
Mais être en quête de quoi ? De soi ?
Des autres ? De soi à travers les autres ?
Un jeu de poupées russes...
Non. Alors mon genre, c'est dire.
Une parlotte en somme.
Mais qu'y a-t-il à dire qui ne soit évidence ?
Le monde est limpide jusque dans ses atrocités.
Nommer toutes ces choses qu'on ne comprend pas,
Ecrire l'intangible, l'invisible,
Ecrire pour traverser la limpidité primitive.
Peut-être. Mais est-ce un genre ?
Un genre avec des pleins et des déliés
Qu'on retrouve toujours au même endroit
Comme une signature à la fidélité canine,
Un petit truc infaillible qui saute aux yeux de tous...
C'est pas mon genre, ce genre de trucs.
Ça non. Ce serait plutôt du genre imprécis.
Parce qu'être précis, c'est trop douloureux.


Douleur la précision barbelée qui pénètre l'âme et la chair
Quand on pense à la mort qui rôde.
Douleur la précision au venin foudroyant
Qui rappelle d'un coup dans le miroir
Que le temps où l'on avait le temps est passé.
La précision de la pensée, peut-on la concevoir sans frémir ?
Oh que non ! Alors mon genre fluctue.
Je me coule dans les couloirs d'un romantisme un peu désuet,
Dans les rigoles fleuries d'une fausse légèreté,
Dans le lit voluptueux des jeux d'esprits.
Mais ces chausse-trappes laissent glisser mes larmes dérisoires
Et mon âme est ailleurs,
Indéfinissable, à travers les mots qui la cherchent.


T'as vu le match ?
Ah la la ! Quelle dérouillée !
Et l'arbitre !
C'est toujours pareil, j'te jure...
Les hommes se causent.
Sur l'esplanade devant la terrasse du café
D'où monte l'odeur de l'anis
Des gosses font du roller.
Ils écartent les bras et sentent le vent traverser leur chemise.
Ils croient voler
Le soleil est si chaud qu'ils pourraient être oiseaux,
Quitter le béton lisse,
Poursuivre leur glisse sur la crête des nuages.
Une femme les voit.
Elle les regarde,
Ele les reconnaît, ils sont elle,
Ils sont sur l'esplanade, sous le soleil
Cette vie qui la hante
Et elle entend les hommes, le match,
Les glaçons insolents qui tintent dans la carafe.


Une femme les voit,
Ses yeux trébuchent sur l'insouciance de leurs gestes
Et des larmes lui viennent
A l'intérieur d'un crâne d'où flamboient ses cheveux.
Des larmes qui viennent à l'heure du repas
Quand les hommes parlent,
Quand les enfants se taisent devant des plats qu'ils n'aiment pas,
Quand les ventres sont lourds de trop manger
Et que les rêves retombent sans grâce.
Et ce Brésilien ? T'as vu ça ?
Je me demande combien il touche.
C'est quand même beau de jouer comme ça.
Ouais. Ça fait rêver...


 


Extraits d'un recueil de textes que Leïla Zhour espère publier. Elle réside dans la région de Bordeaux.

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ISSN : 1270-9131