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Errance

Par Salim Drici
ALGERIE LITTERATURE / ACTION N° 20

Il neige sur les mots
le silence est solitaire
dans son pot la plante se meurt
le quotidien n’est que mouvements perpétuels
la pendule mène sa propre course
tic, tac, tic, tac...
creuse l’écart
écrase
et passe.

Les cimetières sont pleins
des attardés
des retardés
des retards à terre
et ...
de ceux qui en sont à leur premier pas.
Les cimetières habitent les villes
désertés par la pluie d’hiver
les fontaines où coule le sable
peuplent des hameaux endormis
les morts narguent le ciel
Dieu s’oublie dans son paradis.
La déchéance humaine au bord de l’insulte
traînée de misère où couvent les promesses
la révolte n’est qu’un cri
poussé au suicide
tombent les étendards
piétinés par ceux qui les ont hissés.
Enfance déflorée de remords
coulent les espérances d’un ruisseau perdu
la soif innée à jamais assouvie
s’ouvre le jour harassé d’incertitudes.
Un point dans l’espace fécondé
naissance de formes imaginaires
s’abreuver de lumière
création de vérités rebelles
Au détour du néant
tracé de voie résonnante
se perdre dans l’unique chemin
dont le vide absorbe l’ombre fugitive
peuplement de légendes abstraites
les héros maquillés s’éteignent.
L’épine enfouie
au sourire des larmes
cynique tendresse aux lèvres tentaculaires
jarre des souhaits à jamais exaucés
l’éclat de la douleur
refoulée des prières
châtiment du pardon
première marche
de l’abîme
naissance du désarroi à la corde
de l'équilibre
brisure du souffle de la larme consommée
aux creux du pourquoi non expliqué
marche, marche,
là-bas est un autre monde
Je ne rêve plus des larmes de Hizia
vendue au prince de la horma
mais qu’importe le chant pathétique du bédouin
le désert me promet d’autres roses
de sable.
L’existence susurre, être
en harmonie des crimes exécutés, et
la foule dans sa béatitude
applaudit au sang se déversant
la crainte de l’émoi en délire
que c’est bête un soir sans blessure
de ranimer ses souvenirs.
Au son de tes entrailles
naître du sang rejeté
souillé à la pudeur du blasphème
étrange regard du feu.


Salim Drici a écrit deux recueils de poésie, inédits, Les femmes de Casbah et Errance dont nous publions quelques extraits. Il vit à Alger.

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ISSN : 1270-9131