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Poèmes de Farid Laroussi

Algérie Littérature Action N° 117 - 118

Hajer, la femme à l’origine
Pas de taille, l’amour
T’es au téléphone, dans ta musique
Mes paroles
Nous tenons la note, bouche à bouche
Collier du désir
Le regard par delà l’océan
Lequel? Ce regard où tu me chantes
Que dis-je?
Tu me rapportes, que tu as trouvé l’amour
Dans la lente écriture
Où penchaient nos visages L’emphase d’une main à la hanche
Les unités cinglent
Tu vois ce que je veux dire
Nous ne nous en sentions pas le temps
C’était presque faire la manche
Que de te dire: j’ai toujours eu
Rendez-vous avec toi
Mes Algéries dans un peu de ta Tunisie
Tout de suite trop proches
Mais l’océan remet le compteur à zéro
Regarder des deux côtés
Surtout là où tu n’es plus
Ma perle dans des poèmes de jeunesse
Comme on dit sur les bancs
D’école, de poissons, publics
Mes baisers étaient courageux
Petit troupeau devant le torero
Enfin quoi, arrivé, j’étais presque arrivé
Sur tes lèvres, toi ma perle papillote
Qui ne douta pas
Tu brilles encore

Vu du rouge
Interrogation à l’ombre des interrogations
La nuit venue sur l’échafaudage des cauchemars
Reste encore perchée sur la rosée en averse
Sur un bout de pays
Minimum couchant
Le soleil fuit plutôt
Le désert en pré d’or
Et sa chaleur qui tète les pierres
On se repose avec le malheur c’est sûr
Ailleurs ils disent c’est l’adultère qu’on conjure
Caca démocratique au bout du rouleau
Soudés en silence les citoyens pansent
L’évidence de la prison nationale
Jetée en cours de route
La Constitution bouche le tout à l’égout
Les rats mirent les rameurs d’Espagne
Revenus au soir dans la flaque des rêves
Yeux clos ventres intumescents
Entre les poulpes arc-en-ciel et les mulets d’argent
Mis au frais dans des brins de glace
Ou au cachot en rois clandestins
Je vis je crains je souffre je renie
Je vois rouge
Suffit d’un lendemain de belle mise
Comme un café au tournant de la rue
Pour que je m’embroche à la danse
D’un lambeau de liberté qui m’aspire et me grise

De la mobilité des pierres
Je suis arrivé
Je suis reparti
Je n’ai rien pris
La gravité je l’avais rêvée
Dans la masse des cailloux
Il y avait tout le temps réanimé
Aux champs fanés, au sable périmé
La torsion des rochers signait le poème voyou
La masse prit forme en réserve sacrée, chancelante, emphatique
Où croissaient les scorpions, le bercail des vipères, de peur de se mettre à haïr
Le polygone aux noms prononcés dans les engelures du désespoir, à peine prière en musique
Je les revois ces pierres qui s’arrachent du sol en chemins torturés, fières du brasillement de djazaïr

Comme fait exprès
De la belle bédouine
Au menton bleu
De ses seins d’or, de ses lèvres pures
J’ai enduré les oeillades et les caprices,
Magnifique!
Bon, si vous y croyez
Allez donc voir un spécialiste
Pour qu’il vous examine
Et la tête et les lectures
Aujourd’hui on trouve indécent
De renifler l’amour-propre
Version aseptisée, gros de ses tentations
Génétiques
Dans ce goût de l’être-amoureux
Dans cette douloureuse pourriture
Qui part du ventre toujours,
Ni grands gestes ni grands cris
L’ennui avale l’outrage pourpre
De notre race maladive, disons
Diabolique
Arabo-quelque-chose aggravé
Qadim wa djedid
Beau faire beau pleurnicher
Déjà corrompus par l’encens du sperme
Sommes-nous autre chose?
Freinés par la bagatelle, orientés par l’élan
Prophétique
Ah la belle bédouine
Combien le quart d’heure sous tes langueurs de cuir?
Laisse tomber ton rouge, attrape mes roses

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ISSN : 1270-9131