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2012 avril - août

EN GUISE DE SOMMAIRE du 157-162
Numéro spécial consacré au cinquantenaire de l’Indépendance algérienne
« 1962 : Frère parmi les frères - Dans les pas de Jean sénac »
suivre les indications  P. …

Marie VirolleJean Sénac nous a quittés en 1973, assassiné à Alger dans la force de l’âge ! La légende a ainsi ouvert ses bras au martyre d’une quête effrénée de soi et de l’Autre, incarnée dans la terre algérienne et qui fit fusion avec elle et ses enfants de tous bords, dans une aventure sans précaution, vécue dans le dénuement et dans le franchissement des normes, des appartenances qui  bornent  trop  souvent  les trajectoires humaines : culturelles, nationales, religieuses, linguistiques, génériques…

Jean Sénac nous a quittés en 1973. Déjà toute une vie post mortem ! Où il s’est passé beaucoup de choses, pour sa mémoire, pour son pays. Un silence tenace, gêné, autour de l’homme, autour de l’œuvre, en Algérie. La grande fidélité de ses amis et disciples en poésie. Puis  le  retour  de  l’œuvre,  doucement, fermement,  vers  la  lumière,  jusqu’à l’hommage, modeste  mais  libre  et  public, quasi officiel, au Salon du Livre d’Alger de 2004.  Du  côté des  cercles  littéraires  en France, une reconnaissance constante, devenant plus appuyée, jusqu’au thésaurus d’Actes Sud en 1998, et au film d’Abdelkrim Bahloul avec  Charles Berling  en  2003.  Du  côté  de l’Histoire, une révolution algérienne qui, décidément,  s’est enlisée,  a  tourné  le  dos  à l’idéal, puis un pays livré à de nouveaux bains de sang, où le poète ami de Sénac, Youcef Sebti, a été égorgé. Et tant d’autres forfaits, contre les poètes, contre le peuple…

Jean Sénac nous a quittés en 1973. Un petit calcul : en 1962 il avait 36 ans… 1962, la date majestueuse de l’Algérie ! Que faisait-il cette année-là, en l’an Un de la République, l’année de son retour de huit années d’exil en France ? Que faisait-il, en ces mois qui suivirent, ces mois de tous les espoirs, ces mois des grandes élaborations citoyennes ? Pour ce cinquantième anniversaire de l’Indépendance, nous avons eu envie de l’accompagner pendant  l’euphorie  des  prémices,  envie  de l’évoquer, bien vivant, enthousiaste, politique, engagé, débarrassé pour un temps de la douleur christique qui lui collait à la peau depuis l’adolescence, et qui le rattraperait bien vite. Ce voyage sur les pas de Sénac nous a permis de rencontrer quelques-uns de celles et ceux qu’il côtoyait et qui construisaient le paysage  littéraire  et  artistique  de  la  nation algérienne  naissante.  Leurs  portraits,  leurs œuvres, leurs actions et leurs parcours, plus tard là ou ailleurs, composent ce numéro spécial…

Alors, remontons le temps ! Cela ravivera la  mémoire  de  certains,  proposera l’opportunité d’un bain de jouvence… Oui, une Révolution toute fraîche, toute neuve, un pays entier à faire entrer dans l’Histoire souveraine ! Et, pour les plus jeunes, cela donnera du grain à moudre : vois comme elle était belle  l’Algérie  des  commencements,  « belle comme un Comité de gestion » ! Vois comme elle acceptait alors tous ses fils, même les bâtards, les  adoptés,  les étranges,  pourvu  qu’ils l’aiment, pourvu qu’ils  lui  aient donné leur courage, leur intelligence, ou qu’ils veuillent les lui offrir. Contemple cette immense « terre possible » ! Vois aussi, hélas, combien elle était fragile, déjà menacée…

Jean Degueurce, 5 juillet 62. Huile, 65x81cm, 1962.L’année 62 débute pour toi, Jean, entre Paris  et  Châtillon-en-Diois,  dans  ce  que tu nommes ton « exil féroce ». En ce mois de février, cerné par la froidure parisienne, tu tiens sous le bras le volume de poèmes Matinale de mon Peuple, qui vient d’être publié par Suber-vie  P. 11 , illustré de quinze dessins de l’ami Abdallah Benanteur  P. 18 , un peintre que tu « places très haut », et préfacé par Mostefa Lacheraf  P. 26 . Ces textes, tu les avais conçus avant même le déclenchement de la lutte armée, et tu priais alors : « Puissent des matins justes les effacer demain »… Tu te diriges vers la librairie Le Fanal, où tu vas dédicacer le livre avec Benanteur. Dans Les Lettres Françaises René Lacôte a écrit quelques jours plus tôt qu’il « ne sera pas possible d’ignorer cet  ouvrage  si  l’on  veut  être  informé  du mouvement de la poésie ». Ton genou encore un  peu  douloureux,  bien  que  rétabli  de l’opération  qu’il  a  subie  à  l’Hôpital  Saint-Louis, tu marches sur le trottoir de la rue de Courcelles, brassant mille idées. Ce genou, il t’inquiète, t’obsèdera, tu crains l’amputation (ô Rimbaud !). Tu ne sais peut-être pas que c’est dans le genou que les Berbères situaient traditionnellement le siège de la force… Tu te remémores maintenant le passage que Malek Haddad  P. 28 t’a consacré dans son essai publié  chez  Maspéro  en  juin  dernier :  « un homme  qui  n’est  pas  déchiré,  un  Algérien d’origine européenne qui a franchi le cap des hésitations ». Mais ne lui avais-tu pas dit que tu te sentais, toi Jean Sénac alias Yahia El Ouahrani,  aussi  Algérien  que  Ben  Bella ?

Pourquoi tant de précautions oratoires ? Tu es Algérien, voilà tout ! Solidaire par toutes les fibres de ton corps de cette révolution en marche,  de  cette  Algérie  indépendante  qui s’annonce. Tu n’imagines pas que ce même écrivain te dira un jour, bientôt : « Tu n’es pas algérien parce que tu n’es pas arabe »… Le FLN  n’a-t-il  pas  récemment  publié  la  plaquette Tous Algériens, reconnaissant la place de l’ensemble des communautés dans l’Algérie indépendante ?  « Matinale  de  mon  peuple » :Ton peuple. Tu n’en as pas d’autre, Jean, et tu as pris « le maquis des mots » pour le défendre,  pour  combattre  à  ses  côtés ! Mostéfa Lacheraf était en prison quand il a rédigé sa préface, et Subervie a été interrogé par la police et menacé de plasticage. Il faudra le dire au public de la librairie…

Deux grands bonheurs et un grand malheur t’attendent au mois de mars. Il s’ouvre par  la  « jubilation »  du  mariage  de  Jacques P. 30 , ton fils adoptif, pour lequel tu composes  l’épithalame  que  le  fidèle  Benanteur publie en un unique exemplaire d’art. Jacques et Françoise… La cérémonie à Châtillon-en-Diois… La  fête  dans  cette  maison  de  la Drôme,  « La  maison  du  berger »,  maison  de l’écriture et de la semi-clandestinité, achetée trois ans plus tôt grâce à un ami mécène…

Tu es ému, Jacques se marie… Jacques, rencontré par miracle il y a presque six ans, au moment où tu te fâchais définitivement avec Camus pour divergence politique, pour cause de  guerre.  Camus,  mort  maintenant… Tu perdais un père, et gagnais un fils ! Jacques…

Tu le contemples, tu réfléchis, en ce jour de grâce. Tu penses que tu devrais faire de lui ton  exécuteur  testamentaire,  ton  légataire universel ! C’est important ces choses-là… Tu as déjà rédigé un testament, tu en écriras bien d’autres…

La vie est si contrastée. Tu as l’habitude de ses hauts et bas. A peine la joie des épousailles  savourée,  le  sang  recouvre  à  nouveau l’horizon :  Mouloud Feraoun  P. 33 est assassiné par le commando Delta de l’OAS.

Mouloud,  l’homme  si  doux,  si  pondéré,  si talentueux,  que  tu  avais  soutenu  dans  son ascension littéraire, qui avait publié son premier texte dans ta revue Soleil il y a dix ans, qui avait si bien réussi depuis lors à faire entendre la « voix des humbles ». Quel gâchis ! Quelle souffrance ! Ce printemps délétère va-t-il un jour finir, déboucher sur le plein soleil qu’annoncent  les  Accords  d’Evian,  signés trois jours plus tard, le 18 mars ?

Et tes galères financières, en verras-tu le bout ? Il a fallu une souscription pour publier, à Die, la plaquette Le torrent de Baïn aux petites éditions Relâche que dirige ton nouvel ami Francis  Druart (*),  professeur  de  philosophie. Elle voit le jour en mai et tu lui accordes de l’importance parce que tu y avances un nouveau concept : le « Corps total ». Le corps… Poétique, érotique, politique…

En  juillet  l’Histoire  accouche.  Enfin  la liesse  de  tout  un  peuple !  Enfin l’Indépendance !  L’été  vibre,  et  tu  écris « Istiqlal El Djezaïri » et « Ces militants ».

Il  faut  encore  attendre  la  fin  d’octobre pour  que  tu  rentres  en  Algérie,  après  huit années d’exil. Et ces deux poèmes, regroupés dans la plaquette « Aux héros purs », signée de ton nom de guerre Yahia El Ouahrani pour la première  fois  révélé,  seront  distribués  aux députés de l’Assemblée constituante par ton ami Amar Ouzegane  P. 39 devenu ministre de l’Agriculture et de la Réforme agraire.

Tu t’installes à Alger, d’abord rue Trolard  puis à la Pointe Pescade, un lieu chargé pour toi de jeunesse bohème, jouisseuse, solaire, partagée avec Sauveur Galliéro  P. 40 , ton frère artiste de la Basse Casbah, et d’autres amis, « Arabes » et « Européens » confondus, la « génération du Môle »… Tu vas retrouver ce peintre aimé dès ton retour. Vous vous rencontrez rue Ben M’Hidi et il va te proposer, comme avant : « Viens, on va voir un film de cow-boys ! ».  Lui  n’a  pas  changé  malgré l’horreur quotidienne des dernières années à Alger.  Mais  toi,  tu  es  devenu  moins  léger, plus intransigeant. Et tu dois te consacrer à tes frères, tous tes frères. Tu ne l’as plus revu.

On t’a dit qu’il était gravement malade. Son image va te hanter longuement et tu vas souvent « nager vers ces bleus, ces verts, ces ocres qu’il n’a cessé d’interroger ». Tu intègres le cabinet du ministre de l’Education nationale, Abderrahmane Benhamida et, lorsque tu rentres chez toi, tu vois la fresque de Sauveur qui « crie sous les slogans dans les décombres »…

Les peintres ont commencé à exposer, collectivement, à Alger dès juillet 62 : Premier Salon  de  l’Indépendance,  organisé  par  le CPAN (Comité pour l’Algérie nouvelle) ; et, dès ton retour, tu en as rencontré un certain nombre, dont Jean Degueurce P. 44 qui faisait partie de ton cercle « Lélian » en 46. Tu le vois début novembre, peu de temps avant sa mort accidentelle. Mais la première manifestation artistique officielle de l’Algérie indépendante vous est consacrée, à Benanteur et toi : c’est l’exposition, à la mi-décembre, du livre d’art Poésie à la Bibliothèque Nationale d’Algérie.  Edité  à  50 exemplaires  en  avril 1959,  ce  volume  sous  emboîtage  renferme trois ensembles que tu as écrits entre 1955 et 1959 : « Diwân du Môle », « Les Petites voix », « La  Route  d’Ombre »,  et  les  eaux-fortes  de Abdallah.  Vous  donnez  un  exemplaire  au Musée des Beaux Arts d’Alger dont le nouveau conservateur est votre ami architecte et peintre Jean de Maisonseul  P. 49 , que tu nommes « l’Intercesseur ». Sa peinture tente la synthèse entre une forme de « réalisme national » et l’expression plastique la plus avancée.

Tu  ne  peux  pas  deviner, malgré  ta  grande prescience, que c’est lui qui, humblement et avec respect, bâtira de ses mains ta tombe au cimetière chrétien d’Aïn Benian…

Pendant  cette  première  année  de l’Indépendance,  tu  es  « sur  tous  les  fronts » culturels.  Secrétaire  du  CIRBUA  (Comité International de Reconstitution de la Bibliothèque Universitaire d’Alger)  P. 55 , incendiée par l’OAS en juin 62, tu te voues pleinement à cette cause, lançant des appels dans les journaux et allant jusqu’à écrire au pape Jean-XXIII… Tu sièges à la Commission culturelle du FLN, présidée par Mourad Bourboune  P. 59 , ton ami écrivain. Tu collabores régulièrement à la presse et inities à la RTA ton émission « Le poète dans la Cité » qui popularise les poètes du Tiers-Monde et les jeunes créateurs algériens. Avec Djamel Amrani P. 60 , tu contribues à l’anthologie de Denise Barrat  P. 63 , Espoir et Parole, poèmes  algériens,  qui  sortira  chez  Seghers  en juin 1963. Sous l’égide d’El Moudjahid, tu participes au premier débat national relatif aux questions  culturelles.  Tu  regrettes  certainement que Kateb Yacine  P. 65 , toujours par monts et par vaux (après Le Caire, c’est maintenant Moscou, l’Allemagne, Paris…), en soit absent, et que ton ami de quinze années, Mohammed Dib  P. 69 , qui participa à tes revues  Soleil,  Terrasse,  et  au  n° spécial « Algérie » chez Subervie, n’y fasse pas entendre sa voix. Mais il y a, entre autres, Mouloud Mammeri P. 69 , Assia Djebar  P. 86 , Mohamed Boudia  P. 95 , et toi tu y défends une vision large de la culture… Tu publies  le  « Poème-Programme »  sous  forme  de dépliant au profit du Fonds National de Solidarité. Enfin, tu fondes l’Union des Ecrivains Algériens  P. 98 : le Président en est Mouloud Mammeri et toi le Secrétaire Général, vous avez été tous deux élus, avec Kadour M’Hamsadji  P. 108 . Tu rédiges la Charte officielle  P. 109, signée par une liste de 56 auteurs  mêlant  des  écrivains  de  langue arabe comme Moufdi Zakaria  P. 112 ou Tewfik  El  Madani    P.  117 et  des « Français » comme Jean Pélégri  P. 118, Henri Alleg  P. 120 ou ton ami Henri Kréa P. 122 . Dans ce cadre, tu organises de nombreuses conférences littéraires et expositions, soutiens les jeunes auteurs (Boudjedra, Sebti  P. 130…), combats la marginalisation de certains intellectuels politiques comme Lacheraf ou Ahmed Taleb Ibrahimi P. 131 , et reçois des hôtes illustres (René Maheu, Jacques Berque…). A l’orée de 1964, tu  vas  fonder  avec  Mohammed Khadda  P. 132 la « Galerie 54 », première galerie d’art de l’Algérie indépendante et tu y organiseras des expositions qui vont impulser une « Ecole du Signe »…

Ton talent hors pair d’animateur culturel a pu s’épanouir pleinement durant ces quelques mois vibrionnaires.  Te  définissant  comme « écrivain engagé dans un ensemble de réalités », tu soutiens globalement le Gouvernement algérien  P.  129 et  défends  une  ligne d’ouverture où la dynamique de la créativité prime sur toute autre considération. Tu n’es pas un idéologue : tu peux écrire au pape et discuter avec Ernesto Che Guevarra dans un café autogéré à côté de chez toi (à chacune de ses quatre visites à Alger, le « Che » voudra d’ailleurs  te  rencontrer).  Cher  Jean —  Ben Bella  t’appelait,  paraît-il,  « Jeannot » —,  tu n’es pas non plus un politique, même si la politique a déterminé une part importante de ta vie et de tes engagements. Nous allons te quitter au moment où le Président de la République reçoit les membres de l’Union des Ecrivains au Palais du Peuple. C’est  aussi  l’époque  où  paraît  la  revue culturelle Novembre  P. 135 , éditée par le FLN. Tu es membre de la rédaction, mais ton nom disparaîtra dès le numéro 2. La mise à l’écart est en route, sournoisement, comme tu l’énonceras dans ton « Chant funèbre pour un Gaouri ».

De gauche à droite : Jean Sénac, le Président Ahmed Ben Bella et Mustapha Kateb, écoutant l’hymne national algérien, 1963

Je te contemple, Jean, sur une photo de 1963, à la droite du premier Président de cette Algérie  indépendante  que  tu  n’avais  cessé d’appeler  de  tes  vœux.  Mustapha  Kateb P. 148 est à sa gauche. Toi, Jean Sénac, Poète officiel officieux, engagé dans une révolution  permanente  qui  t’absorbe  puis  te recrachera en se pétrifiant, frère abandonné parmi tes frères. Dès 1950, avec ta « Lettre d’un jeune poète algérien », dédiée justement « à tous  mes  frères »,  puis  avec  « Matinale  de  mon peuple », tu t’es lancé sans partage dans la lutte, quoi qu’il t’en ait coûté, aux côtés de l’Algérie.

Pourtant, tu mourras sans avoir encore obtenu la nationalité algérienne qui aurait dû t’être accordée de fait et de droit, et que beaucoup te supposent. Tu quitteras l’Union des Écrivains Algériens en 1967 : ostracisme et libération. L’homme de 37 ans, rigide et cravaté, en train d’écouter Qassaman  P. 115 , l’hymne officiel algérien (dont tu avais fait connaître en 1958 la première traduction en français, élaborée  par  les  détenus  de Fresne),  cet homme  de  la  photo,  debout  aux  côtés  du Président, ne se sent-il pas un peu à l’étroit dans le costume gris qui ne pouvait contenir les multiples facettes de ta personnalité ?

Tu y as cru, Jean. Beaucoup y ont cru, qui, comme toi,  s’étaient  engagés  corps et  âme pour l’indépendance de leur pays, l’Algérie, même s’ils n’étaient ni arabes, ni musulmans mais  simplement  frères  parmi  des  frères.

L’Histoire retient surtout l’exode massif de ces  « Pieds-noirs »  qui  sont  partis  en  62…  Ceux qui sont restés, nombreux, pour construire  comme toi,  femmes  et  hommes  de bonne volonté ayant opté ou combattu pour l’Indépendance, aimant leur pays et son peuple divers, on en a moins parlé, que dis-je : on n’en a presque jamais parlé…

Cinquante ans ont passé, et leurs enfants et petits-enfants — qu’ils aient grandi ou non en Algérie — veulent connaître leur histoire et la transmettre, par-delà les malentendus, les silences, l’oubli… Comme Sophie, cette jeune fille de 19 ans qui a interrogé longuement ses grands-parents, et qui nous offre leur récit, leurs photos pour ce cinquantième anniversaire  P. 150 : innocence de ses yeux neufs sur ces années encore frémissantes où tous les possibles étaient ouverts et qui parlent de fraternité.


(*) : Le premier numéro de la revue Relâche (revue littéraire, artistique, théâtrale du triangle Crest, Die, Dieulefit) est publié au printemps 1960, avec un texte de Henri Miller qui y évoque son séjour à Die. Un demi-siècle plus tard, la lettre de Henri Miller à Francis Druart est republiée chez l’éditeur La Fosse aux Ours.

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ISSN : 1270-9131